La contre diffusion isobare

De Plongeplo
Aller à : navigation, rechercher

En plongée (Trimix ou Héliox) dans la phase de remontée si vous passez d’un gaz pauvre en N2 à un gaz plus riche en N2, vous induisez un conflit entre l’Azote et l’Hélium même si vous êtes statique (isobare) lors d’un palier: c'est la contre-diffusion isobare.

Rappels

L’Azote : c’est un gaz lourd qui se dissout facilement dans les graisses. Il n’est pas totalement inerte et serait responsable de phénomènes de narcose du fait de sa solubilité sélective pour les graisses et de son poids moléculaire élevé. Ces phénomènes de narcose apparaissent aux environ de 30 mètres et surtout (sous forme pathogène) au-delà de 70 mètres de profondeur. En raison de sa grande dissolution dans les tissus vivants, c’est le grand responsable d’embolies gazeuses car il ne peut pas être métabolisé par l’organisme.

L’Hélium : il est utilisé en raison de son faible poids moléculaire qui est de 4.0026 g/mol (modifié par --Pierrot (discussion) 12 décembre 2012 à 18:27 (CET)). Il est bien mieux toléré que l’azote, il possède la propriété de ne pas se combiner avec les éléments du sang. Avec l’Hélium, le phénomène de narcose n’apparaît que vers 250-300 mètres de profondeur ce qui nous laisse une marge considérable en plongée sportive. Cependant, sa grande diffusibilité obligeant à une surveillance importante pour éviter les phénomènes de désaturation brutale avec embolies gazeuses.

Processus accidentel

Dans un profil normal de plongée, lors de la remontée, la dissolution des gaz dans les tissus (principalement l’azote) s’inverse et bascule ver le phénomène de désaturation. Les bulles d’azote sont extraites du sang par les poumons.

Cependant, si vous changez de gaz de décompression, sur un Nitrox riche en N2 ou plus gravement sur de l’air, l’Azote va se dissoudre dans les tissus plus vite que l’Hélium. Ceci va créer un état de sursaturation critique, et des bulles vont se former dans le sang car la forte concentration d’azote transportée par le flux sanguin va accélérer la diffusion vers le fluide extra cellulaire qui entoure les neurones. Apparaît alors une situation dans laquelle on trouve deux compartiments l’un contenant une forte proportion d’azote (extracellulaire), l’autre une forte proportion d’hélium (intra-cellulaire). Le lieu de formation des bulles sera le cytoplasme de la cellule et non le flux sanguin. L’apparition des bulles d’Hélium et d’Azote peut survenir au palier (sans qu’il y ait de variation de profondeur). Les dommages causés aux neurones ne sont pas directement imputables au fait que la cellule soit privée d’oxygène et de nutriments dus à l’occlusion des capillaires par la bulle, mais à la violente dislocation physique des mécanismes cellulaires internes et l’endommagement du cervelet.

Les conséquences de ces perturbations biochimiques peuvent être si sévères qu’il en résulte généralement une mort par noyade dans les minutes suivant le changement de gaz.


Mesures correctives

  • Ne laissez jamais votre pression partielle d’Azote augmenter lors d’un changement de gaz.
  • Remontez avec votre Trimix fond aussi près de la surface qu’il est possible.
  • Ne jamais passer à l’air lors de décompression amorcée au Trimix ou à l’Héliox, utilisez du Nitrox et de l’oxygène pur.
  • Favorisez la plongée Trimix qui aura un avantage sur l’Héliox car vos cellules auront déjà une pression partielle d’Azote interne, ce qui diminuera l’écart de concentration en Azote des deux cotés de la membrane cellulaire après le changement de gaz.
  • Si vous optez pour une plongée Héliox, faite toute la décompression à l’Héliox et terminez à l’oxygène pur, les mélanges contenant de l’Azote sont à proscrire.


Retour à : Risques et dangers particuliers