PREAMBULE Ce cours s’adresse aux plongeurs qui veulent connaître
les espèces qu’ils rencontrent au cours de leurs
plongées et adopter un comportement adéquat vis-à-vis
des habitants des lieux visités. Il va également
permettre de se rendre compte à quel point le milieu aquatique
est complexe et fragile.
LE
BIOTOPE Le biotope, est un ensemble où il y a une chaîne
alimentaire qui va depuis les végétaux (algues,
phytoplancton) et les micro-organismes vers les animaux brouteurs
(zooplancton, poissons, crustacés, gastéropodes,…),
filtreurs (anodontes*,…) et se termine avec les prédateurs
(poissons, oiseaux, homme). Les biotopes
sont de dimension variable; ils se côtoient, s’interpénètrent
voire se déplacent, se réduisent et même
disparaissent en fonction de la saison, ou d’autres influences
extérieures (pollution, constructions,…). Un port ou un
herbier peuvent représenter un biotope. Voici les zones
principales :
La
zone benthique : C’est tout le fond
du lac, depuis la ligne de contact avec la terre jusqu’au fond.
Elle se subdivise en trois zones : La
zone littorale, comme son nom l’indique, se trouve
directement contre les rives à faible profondeur (jusqu’à
6m). Le
mont, c’est la rupture de pente, il s’agit de la zone
intermédiaire entre la zone littorale et les grands fonds. Les
grands fonds, zone de profondeur à faible pente, souvent
constituée de sédiments fins.
La zone pélagique : Ce sont les eaux libres
qui ne touchent pas le fond, elle sont par conséquent
au-dessus de toutes les autres zones.
Description des zones :
1) La zone littorale
La zone littorale se trouve dans la partie peu profonde ceinturant le
lac. Elle commence au niveau de la ligne de contact entre l’eau
et la terre. Cette zone se caractérise par la présence
de grands herbiers (macrophytes), et à certains endroits des
plantes aquatiques émergentes, les roselières (roseaux,
massettes,…). Celle-ci est le point de départ de la
chaîne alimentaire avec les micro-organismes; elle sert de
refuge aux jeunes poissons, et de terrain de chasse pour certains
chasseurs à l’affût. Sa profondeur ne dépasse
guère les 6 ou 7m, la photosynthèse devenant difficile
en dessous. On y rencontre la plus grande partie de la faune
aquatique. C’est là que se déroule la plus grande
partie du cycle de la vie, on y trouve tout les types d’animaux.
Les larves d’insectes, les crustacés (écrevisses,...),
les vers, les mollusques : gastéropodes (limnées,...),
et bivalves (anodontes*,...) et les poissons (carpes, tanches,
vengerons,...), qui servent à leur tour de nourriture aux
prédateurs (écrevisses, perches, brochets,...). La zone
littorale tend à s’appauvrir en hiver en raison de la
disparition des herbiers. Cette zone littorale représente 31 des 582km2 de la
surface du lac Léman soit 5,3%.
2) Le mont
Il s’agit d’une zone de forte pente ou la végétation
est généralement absente, on y trouve les bactéries,
les vers et les crustacés de la zone benthique, et quelques
poissons qui se nourrissent de ces organismes.
3) Les grands fonds
C’est une zone peu productive en raison de l’absence de
lumière et de la température basse qui la caractérise.
Les bactéries sont aussi ici avec les débris, et les
vers (tubifex) le point de départ de la chaîne
alimentaire. On y trouve les poissons se nourrissant de ces
micro-organismes (ombles chevaliers,...) et les prédateurs
(truites,...).
4) La zone pélagique
Il s’agit de la zone du large, c’est là que se
développent essentiellement le phyto et zooplancton. Le
phytoplancton sert de nourriture de base au zooplancton qui est
ensuite mangé par les poissons (corégones,...) ;
ces derniers sont ensuite chassés par les prédateurs
(perches, truites, canards, oiseaux,...). Certains
poissons passent soit journellement soit
saisonnièrement d’une zone à l’autre.
Le Léman
subit en permanence une pluie de spores, champignons, bactéries
et micro-organismes véhiculés par l’atmosphère,
qui peuvent sédimenter jusqu’au fond; cela représente
environ 2 tonnes par an.
84% de
la masse piscicole vit entre 0 et 100m et 5% entre 200 et 300m.
FLUCTUATIONS
DE LA TRANSPARENCE DE L’EAU
1) Brassage
En été, le soleil réchauffe les
couches superficielles du lac où il apparaît une
stratification des eaux. A un certain niveau, la température
se modifie peu avec la profondeur, formant une barrière
empêchant le mélange des eaux, cette frontière
(environ 4°) s’appelle la thermocline.
En hiver, le lac se refroidit pour arriver vers
février-mars à une homogénéité de
température dans toute la colonne d’eau. A ce moment, si
les eaux de surface sont assez refroidies (bise), elles peuvent
plonger (chargées en oxygène) jusqu’au fond. On
dit qu’il y a brassage.
2) Cycle de la clarté de l’eau
En hiver, avec le brassage, les cellules de
phytoplancton vivent une bonne partie de leur temps dans les couches
profondes, à l’abri de la lumière et de la
chaleur, ce qui inhibe la division cellulaire et empêche leur
développement. L’eau est alors très limpide.
Au printemps, la couche de brassage diminue par le
haut; le phytoplancton, bloqué par la thermocline, peu
profonde au début du printemps, passe beaucoup plus de temps à
la lumière et à la chaleur. On assiste alors à
une explosion de la croissance du phytoplancton. La visibilité
peut parfois tomber à moins de 20cm.
A la fin du printemps et en été, dans la
couche réchauffée; le phytoplancton finit par épuiser
le stock de nitrates dont il a besoin pour se développer, ce
qui limite sa multiplication. De plus, brouté par le
zooplancton, il disparaît peu à peu. On assiste souvent,
au mois de juin à une période de clarté
exceptionnelle appelée "juniloch".
En automne, sous l’effet du refroidissement des
eaux de surface, la thermocline tend à être moins
marquée et le phytoplancton peut aller se réapprovisionner
en nitrates dans les couches plus profondes, qui se mélangent
avec celles du dessus; on assiste alors à une deuxième
floraison de phytoplancton. Ce dernier finira par disparaître
l’hiver, soit brouté, soit parce qu’il meurt,
quelques cellules survivent et permettent le redémarrage au
printemps suivant. La transparence de l’eau est assez variable
dans cette période.
Ce cycle de clarté peut être perturbé localement
par l’apport d’eau turbide des rivières, ou par le
brassage du fond par les vagues dans la zone littorale. Une forte
bise peut remettre en suspension des sédiments qui rendent
trouble la quasi-totalité des eaux du Petit Lac.
GENERALITES SUR LE
LEMAN Le Léman est le plus grand lac d’Europe occidentale avec
une surface de 582km2 et un volume de 89km3. Sa
profondeur maximale est de 309,70m et sa profondeur moyenne, 150m. Le
Petit Lac représente 3% de la masse totale. Le volume entrant
et sortant annuellement est de 1km3, le temps moyen de
renouvellement des eaux est de 12 ans, les eaux profondes ayant
tendance à stagner jusqu’à 20 ans.
CONCLUSION Le lac est un milieu à
l’équilibre fragile qui demande à chacun une
attention de tous les instants dans son comportement avec lui. Le
moindre déséquilibre a des conséquences, par
réaction en chaîne, qui peuvent aller fort loin.
* moules d’eau douce
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Léman
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